La route des épices

Au beau milieu de la nature exubérante des environs de Matale, sur les petites routes de montagne qui mènent à Kandy, se trouve une multitude de spice garden (jardins d’épices). Dans ces petites plantations, on peut découvrir les plus célèbres épices du Sri Lanka.

Les épices miraculeuses

Cardamone, curcuma, cannelle, vanille, café, cacao, poivre, girofle, noix de muscade, arbre de santal, voici un éventail des cultures du Sri Lanka qui attisent depuis l’Antiquité la convoitise des Grecs, des Arabes, des Perses, des Portugais, des Hollandais, ou encore des Britanniques.

L’essentiel de l'activité des spice gardens, tous privés, consiste à faire découvrir aux touristes les modes de culture des différentes espèces d’épices et de leur proposer ensuite à la vente les produits naturels qu’ils commercialisent.

 

Ananas rouge du Sri Lanka
Ananas rouge du Sri Lanka

Jardin zen… ou pas !

Jardin d'épice ? Non, boutique improvisée !

 L’afflux de touristes sur la jolie petite route des épices a parfois ici, comme ailleurs, des effets pervers. Pour en avoir fait l’expérience, il peut être nécessaire d’en visiter deux ou trois avant de trouver un « vrai » spice garden. De plus en plus d’habitants du coin s’autoproclament en effet tenanciers de spice garden et vous font visiter en réalité le potager de leur maison ! Après quelques minutes, ils vous conduisent dans une boutique improvisée entre quatre planches derrière leur maison pour vous vendre des produits dont la provenance est totalement incertaine.

C’est exactement ce qui nous est arrivé dans le premier jardin où notre chauffeur de tuk-tuk nous a conduits. Très souvent, si vous achetez des produits, le chauffeur qui vous a amenés touche un pourcentage sur la vente plus ou moins important en fonction de ses arrangements avec les propriétaires. De ce fait, il ne vous emmène pas forcément dans les meilleurs endroits, mais dans ceux qui le rétribuent le mieux. Au grand dam de notre chauffeur, nous sommes repartis en moins de dix minutes sans rien acheter.

Une trentaine de minutes de visite, sinon rien…

Après cette première visite ratée, nous avons bataillé ferme pour nous faire conduire cette fois-ci dans LE jardin d’épices de notre choix. Bien nous en a pris, car non seulement il était magnifique, mais nous avons été accompagnés par un guide passionné parlant de surcroît un peu le français. Il nous a appris un tas de choses sur les vertus des plantes, des fruits et des épices exotiques et nous a montré les différents modes de cultures, de récoltes, de séchages (parfois très longs et complexes).

On vous fait toucher, sentir, goûter jusqu'à provoquer un festival de couleurs, de senteurs et de saveurs capable de mettre tous vos sens en éveil. En principe, la visite dure environ une trentaine de minutes. Si vous avez passé un bon moment, vous pouvez acheter quelque chose afin de rétribuer votre guide pour la visite. Que cela ne vous empêche pas toutefois de négocier lorsque les prix sont vraiment trop élevés.

 

Le climat du Sri Lanka est idéal pour le cacaoyer, surnommé l’arbre à chocolat
Le climat du Sri Lanka est idéal pour le cacaoyer, surnommé l’arbre à chocolat

 

De l’ayurvédique à la cuisine

Même si on n’est pas fan de botanique, cette visite permet d’en apprendre un peu plus sur l’utilisation des épices notamment dans l’ayurveda. Les druides sri-lankais créent de savants mélanges à base d’extraits de plantes, d’herbes et d’épices sensés permettre de soigner tous les maux du corps, du cœur, voire même de l’esprit ! La grande majorité des Sri-lankais se soignent au quotidien avec ce type de remèdes 100 % naturels. Certains, dont l'efficacité n'est plus à prouvér sont d'ailleurs couramment utilisés dans les dispensaires et les hôpitaux du pays.

Comme on s’en rend très vite compte, les épices font également partie intégrante de la cuisine sri-lankaise. Malgré cela, le gros de la production d'épices du Sri Lanka est destiné à l’export pour les industries agroalimentaires, cosmétiques et pharmacologiques du monde entier.

 

© photo principale : Jérôme Cartegini © photos article : Jérôme Cartegini 

 

Leave a Reply