Orphelinat des éléphants de Pinnawela

Au cœur du triangle culturel à proximité de la ville de Kandy, l’Orphelinat de Pinnawela est présenté par les principaux guides de voyage comme une institution prenant grand soin des pachydermes. La réalité sur place est quelque peu différente.

De la fondation au parc d’attractions

Situé dans la montagne à une quarantaine de kilomètres de Kandy, l’Orphelinat de Pinnawela aussi appelé Millennium Elephant Foundation (MEF) a été créé en 1979. La réserve d’environ 15 hectares compte actuellement près d’une centaine d’éléphants et d’éléphanteaux orphelins ou nés sur place en captivité. Principalement financée par le tourisme et des dons, la fondation accueille également de nombreux bénévoles qui peuvent rester plusieurs semaines sur place et participer à toutes les tâches quotidiennes des cornacs et des soigneurs. Lors d’une simple visite, vous êtes invité à l’entrée à choisir parmi différents programmes et tarifs : petite ou grande balade avec un éléphant, donner le biberon ou des fruits aux éléphanteaux, prendre un bain dans la rivière avec un pachyderme et son cornac, etc. Des taxes sont également prévues pour les appareils photo/vidéo. Il est également possible de payer juste un droit d’entrée pour observer les pachydermes se trouvant à proximité de l’entrée.

Les dérives du tourisme

Outre les tarifs exorbitants et l’accueil pour le moins mercantile, nous avons été surpris d’emblée par le traitement réservé aux pachydermes que nous avons pu voir. À côté de l’entrée en contrebas de la route, une dizaine d’éléphants étaient enchaînés à des blocs de béton enterrés dans le sol. Enchaînés ainsi sans doute depuis de longues heures au beau milieu d’une clairière sans ombre et sous un soleil de plomb, les animaux semblaient dans un piteux état.

Les scènes de bains avec les touristes qui montent les uns après les autres à la chaîne sur l’animal pour se faire photographier n’étaient guère plus réjouissantes. Autant dire que l’on ne s’attendait pas du tout à cela. Cette fondation qui a longtemps bénéficié d’une très bonne réputation s’est peu à peu transformée en parc touristique exploitant les pachydermes au lieu d’en prendre véritablement soin. Gageons que les nombreuses plaintes des voyageurs sur Internet et les réseaux sociaux permettent de changer un jour les choses. Voilà qui est dit !

 

 

photo principale : Jérôme Cartegini © photos article : Jérôme Cartegini