Masques sculptés du Sri Lanka

L’origine des masques sculptés du Sri Lanka remonte à plusieurs siècles avant notre ère. Lorsqu’ils ne servent pas d’ornement protecteur dans les maisons, ils sont portés à l’occasion d’impressionnantes cérémonies d’exorcisme, de processions religieuses ou de spectacles de danse rituelle. La ville d’Ambalangoda dans le sud-ouest de l’île est particulièrement renommée pour la fabrication de sculptures et de masques traditionnels.

Des masques et des croyances

Ultracolorés, agressifs, effrayants, voire terrifiants, les masques sculptés de théâtre (kolam) sont tout sauf zen. Dents protubérantes, yeux exorbités, langues pendantes, bouches tordues, nez crochus, cheveux en bataille, tels sont leurs signes distinctifs. Il existe plusieurs sortes de masques traditionnels, dont les plus connus sont les masques de sanni.

Vieux de plus de 2500 ans, ils représentent 18 sanniyas (démons cause de maladies) et sont portés à l’occasion de danses rituelles pour être exorcisés appelées Sanni Yakuma. Les exorcistes portent les masques représentant les démons censés être responsables des maux d’une personne. Il y a des masques pour les maladies de l’estomac, le paludisme et la forte fièvre, la surdité, la paralysie, le choléra et les frissons, etc.

L’un des masques de sanni les plus élaborés représente le chef des démons appelé Maha Kola. Aussi grand qu’effrayant, il intègre 18 figures miniatures de sanniyas (9 sur la gauche et 9 sur la droite) et porte une chevelure en forme de cobras.

Même s’il existe encore de véritables cérémonies d’exorcisme Sanni Yakuna en particulier dans le milieu rural de la côte sud de l’île, il s’agit aujourd’hui le plus souvent de spectacles culturels.

Une autre forme de masque appelée raksha est également utilisée durant les fêtes ou comme ornement de protection contre les mauvais esprits dans les maisons. Les masques raksha les plus caractéristiques sont ceux représentant des visages avec une énorme bouche, parfois complètement tordus sur le côté, avec des yeux exorbités.

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Les couleurs très vives sont appliquées avec beaucoup de minutie © OT Sri Lanka

Joyaux de l'artisanat du Sri Lanka

Comparativement à l’Inde ou l’Indonésie, l’artisanat est beaucoup plus limité au Sri Lanka. En revanche, comme on peut le voir avec les batik, il est souvent de très grande qualité.

Les véritables masques sculptés sont entièrement réalisés à la main : généralement, les hommes taillent le bois, tandis que les femmes appliquent minutieusement les couleurs et incrustations de cheveux ou autres.

Le bois provient d’un arbre local appelé Kaduru qui pousse dans les régions marécageuses des côtes du sud. C’est un bois de rêve pour les sculpteurs et ébénistes, car il est particulièrement doux, tendre et facile à travailler. Selon des méthodes traditionnelles ancestrales, les troncs sont égouttés et séchés au soleil durant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sève. Un processus de fumage qui dure six à sept jours permet de traiter le bois afin qu’il soit protégé contre les insectes.

Les sculpteurs commencent par tailler le tronc à l’aide de petites haches, de ciseaux et maillets, puis ils façonnent peu à peu la pièce de bois avec une habileté inouïe. Avant d’être peints, les masques sont lissés avec des feuilles provenant d’arbres à pain. Les couleurs naturelles appliquées sont mélangées avec de l’huile de Dorana qui agit comme un vernis incolore et assure leur durabilité.

Chaque pièce est unique et comprend la « patte » de ses créateurs, même s’ils reproduisent généralement les mêmes variétés de figures folkloriques. Il faut compter environ 120 à 150 $ minimum pour acheter un masque traditionnel, mais il faut toujours négocier surtout si vous en achetez plusieurs.

Où voir et acheter des masques sculptés ?
  • À une cinquantaine de kilomètres au nord de Galle, la ville d’Ambalangoda est réputée pour ses boutiques et ateliers de fabrication de masques sanni. On peut également visiter un musée privé tenu par une famille, le Ariyapala Mask Museum, qui comprend une belle collection de masques et un atelier de fabrication. Il y a également une boutique. Juste en face se trouve une école de danse des masques où il est possible d’assister en semaine aux répétitions.
 
photo principale © Jérôme Cartegini